La chaîne qui soigne l'information.

Haïti: la discrimination au travail et le silence des employés.

Catégorie:

By

/

2–3 minutes

lire

Les travailleurs manuels, intellectuels, la beauté des femmes, la physiologie des hommes constituent le socle de l’appréciation et du traitement des employés au seins de certaines entreprises.

Alors que la législation haïtienne et les conventions internationales en matière de travail interdisent toutes formes de discrimination, dans bien des institutions, des sociétés, la contradiction bat son plein et, faute de connaissance légale, et par peur du chômage, la résilience est donc silencieuse.

La constitution haïtienne du 29 mars 1987 en son article 35-2 consacre ce qui suit : « l’État garantie au travailleur l’égalité des conditions de travail et de salaire quel que soit son sexe, ses croyances, ses opinons et son statut marital »

Or, dans l’anonymat, certains employés se plaignent du mauvais comportement de leur employeur à leur égard soit à cause de leurs opinions, leur classe sociale ou du refus d’accomplir certaines tâches qui ne font parties d’aucune clause contractuelle.

Et comme il est difficile de trouver un emploi en Haïti, les employeurs en profitent pour piétiner leurs employés.

Il y a de cela une année, une scène s’est déroulée au sein d’une entreprise où un patron se donne le droit de réprimander une de ses employées parce qu’elle n’était pas assez « sexy » sur le site afin d’attirer et de fidéliser sa clientèle.

Des employés sont moins valorisés parce qu’ils ne font pas parties des hauts cadres, parce qu’ils ne sont pas au bureau derrière un ordinateur, parce qu’ils font le ménage, parce qu’ils cuisinent, parce qu’ils servent le repas.

Tandis que, le code du travail de la République d’Haïti, de Jean-Frédéric Salès, dans son article 3 alinéas 1 et 2 dispose respectivement :
« Tous les travailleurs sont égaux devant la Loi et bénéficient de la même protection et des mêmes garanties.
Est abolie toute discrimination, notamment celle pouvant découler du caractère intellectuel ou manuel, de la forme, de la rétribution du travail, et du sexe du travailleur. »

Parallèlement, la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme en son article 23 stipule le libre choix du travail et la non-discrimination.

Partant du principe nemo censetur ignorare legem, la discrimination au travail est un choix délibéré que l’on condamne avec la plus grande rigueur.

________________________________________

Clifford LORAÏS, juriste et rédacteur à Bohio Média Haïti.
1er mars 2026

Laisser un commentaire

Concevoir un site comme celui-ci avec WordPress.com
Commencer